Notre maison est mitoyenne, accolée à une partie plus ancienne (XIXème) qui servait de bar-épicerie. A chaque étage, avait donc été aménagée une porte de communication. Chaque partie ayant aujourd'hui des propriétaires différents, ces portes n'ont plus d'utilité, elles pouvaient être réaménagées, typiquement en niche de rangement. Sauf au premier, car de part et d'autre du mur pignon, se trouve une chambre à coucher, et la mince cloison de parpaings ne suffit pas pour empêcher tout son de passer!
Les alvéoles des parpaings ont été ouvertes, afin d'offrir une excellente possibilité d'accrochage pour la maçonnerie à venir :

Ici, l'extrémité de la truelle "désigne" une pierre scellée
dans une des alvéoles de la cloison de parpaings,
assurant un lien entre les deux types de maçonnerie.
Autre exemple, plus explicite, avec 2 liens :

Ces liens, tout modestes qu'ils soient, n'en ont pas moins leur fonction, leur
efficacité.
Par ailleurs, le percement du mur pignon a été fait "faut-voir-comment", à la va-que je te bricole, vite-fait-mal-fait! Les souris passaient là-dedans, nichaient par derrière, et la fumée du conduit de cheminée du voisin s'échappaient dans la pièce!... Il fallait par conséquent envisager une solution efficace et durable.
La solution choisie a été radicale : tout démonter! La maçonnerie au dessus du linteau, le linteau, la carrée de la porte, jusqu'à ouvrir par endroits le conduit de cheminée.

Ici, le sommet, en forme d'arc (de décharge).
C'est-à-dire que les pierres s'auto-bloquent en s'appuyant les unes aux autres.
La maçonnerie a beau être d'argile, ça tient, et aucune pierre n'a bougé
depuis le début!
Comme quoi!...
En gris au dessus du linteau du voisin, la maçonnerie la plus récente (vers
1920), à base de chaux hydraulique artificielle, sorte de ciment pauvre.
Le linteau, on en profite pour poncer son parement :
Ca monte... :

Les parpaings ont totalement disparu, et le lit d'attente du linteau est
prêt (2 "plots" bien larges à chaque extrémité).
Le linteau est fraîchement posé, légèrement en saillie (le mur sera enduit, mais le linteau restera apparent, témoignant ainsi de l'histoire de la maison) :

Encore une journée de travail, et ce chantier-là sera terminé!
Un peu optimiste! Voici l'avancement :
A noter que l'espace sous le linteau ne sera maçonné qu'en dernier lieu.
Cela a permis de donner une stabilité, puisque qu'il repose sur 2 points (les
extrémités).
Et v'là l'boulot comm'disait Polo! :
Le mortier utilisé est le suivant :
2 volumes de sable,
1 volume de chanvre,
1 volume de chaux aérienne éteinte.
Mortier certes très riche, mais mécaniquement performant... (et phoniquement? c'est en tout cas le but recherché!)